2040 imaginé, 80 % des voitures françaises restent encore thermiques. Sur le papier, la révolution est tracée : à partir de 2035, toute vente de voiture neuve à essence ou diesel sera bannie en Europe. Sur le terrain, la réalité tape du pied, et le fossé entre ambitions politiques et usage quotidien ne cesse de se creuser.
Voitures thermiques : où en est-on face à la transition vers l’électrique ?
La course à la voiture électrique s’accélère, mais l’équilibre est loin d’être trouvé. Sur les parkings et dans les rues, les moteurs à essence et diesel tiennent encore le haut du pavé, représentant près de 80 % du parc roulant. En France, la part des véhicules électriques dans les immatriculations neuves dépassait à peine 17 % début 2024, à des années-lumière de la Norvège ou de la Suède.
L’objectif 2035, c’est l’arrêt net de la commercialisation de voitures thermiques neuves. Les constructeurs européens, de Volkswagen à Renault en passant par Fiat, annoncent des tournants stratégiques : gammes électrifiées, investissements massifs. Mais derrière les grandes annonces, l’industrie automobile se confronte à des défis bien concrets. Adapter les chaînes de production, sécuriser l’approvisionnement en batteries, développer le réseau de recharge, soutenir la demande : tout doit se réinventer, à marche forcée.
Chez les constructeurs, la promesse d’une gamme 100 % électrique dès 2030 s’accompagne d’une réalité plus nuancée. Peugeot affiche ses ambitions, BMW accélère, mais les moteurs thermiques restent rois sur les modèles accessibles et les utilitaires. La décarbonation du secteur implique une transformation sociale profonde : certains sous-traitants spécialisés dans le thermique résistent, la reconversion des compétences se révèle complexe, et la volatilité du marché mondial brouille les certitudes.
Voici les axes principaux qui structurent la transition actuelle :
- Objectif pour la transition : sortir progressivement du thermique d’ici 2035
- Défi industriel : moderniser l’ensemble de la filière sans sacrifier des emplois clés
- Enjeu sociétal : accompagner le grand public vers la mobilité électrique, sans laisser personne sur le bord de la route
Quels défis concrets pour les automobilistes d’aujourd’hui et de demain ?
La transformation du secteur résonne directement dans la vie des automobilistes. Le premier point de friction, c’est le prix. Même avec la prime à la conversion ou le bonus écologique, le coût d’une voiture électrique neuve reste souvent hors de portée. Sur le marché de l’occasion, la pénurie limite les options abordables, et les automobilistes hésitent à sauter le pas, faute de visibilité sur la reprise de leur ancien véhicule thermique.
L’autonomie des véhicules électriques est scrutée à la loupe. Adapter ses trajets, anticiper la recharge, jongler avec des bornes parfois absentes ou hors service : le quotidien change, surtout pour les professionnels ou les grands rouleurs. Les grandes villes bénéficient d’une progression rapide des infrastructures, mais les zones rurales, elles, attendent toujours un réseau digne de ce nom.
L’entretien et la durée de vie des batteries soulèvent aussi de vraies interrogations. Si la mécanique d’un moteur électrique se veut plus simple, le remplacement ou le recyclage des batteries reste un casse-tête. La prime à la conversion encourage à renouveler le parc, mais le rythme réel ne suit pas encore les promesses politiques.
Les principaux points à surveiller pour les automobilistes sont les suivants :
- Coût d’achat : l’électrique reste cher, même avec des aides qui dépendent de plusieurs critères
- Infrastructure : les villes avancent, mais la campagne attend toujours son tour
- Cycle de vie : l’impact environnemental des batteries et leur gestion restent au centre des discussions
Impact sur le quotidien : prix, entretien, infrastructures… ce qui va vraiment changer
Les années fastes des voitures thermiques sur le marché du neuf prennent fin. Les automobilistes voient le prix d’achat évoluer, entre aides financières et valeur de reprise incertaine pour les modèles essence ou diesel. Sur le marché de l’occasion, les thermiques dominent encore, mais la dépréciation accélérée inquiète de plus en plus d’usagers.
Côté entretien, les moteurs thermiques gardent leurs exigences : vidanges, filtres, courroies, bougies. À mesure que l’électrique s’impose, ces passages à l’atelier devraient s’espacer, mais la question des batteries lithium-ion devient centrale. Coût, durée de vie réelle, remplacement, recyclage : autant de points qui pèsent dans la balance lors du choix d’un véhicule.
Le réseau de recharge progresse, mais reste très inégal. Les centres urbains sont mieux lotis, tandis que de nombreux territoires attendent encore l’installation de bornes fiables. L’essor du covoiturage et de l’autopartage s’inscrit désormais dans le quotidien, poussant vers une mobilité pensée collectivement, moins centrée sur la propriété individuelle du véhicule.
Vers une mobilité durable : quelles alternatives envisager dès maintenant ?
Le recul progressif des voitures thermiques ne s’accompagne pas d’une solution unique. Les constructeurs explorent plusieurs voies : hybride rechargeable, hydrogène, biocarburants, e-fuels. Chacune de ces alternatives tente d’apporter une réponse adaptée aux différents usages et contraintes.
L’hybride rechargeable séduit par sa souplesse : moteur thermique pour avaler les kilomètres sur autoroute, moteur électrique pour les trajets quotidiens. Ce compromis attire notamment ceux qui craignent le manque de bornes de recharge ou qui doivent parcourir de longues distances régulièrement.
Les biocarburants et e-fuels suscitent l’intérêt des ingénieurs et des pouvoirs publics. Leur production reste modeste, leur distribution peine à démarrer, mais ils pourraient contribuer à limiter les émissions de gaz à effet de serre. L’hydrogène et la pile à combustible promettent une mobilité sans émissions directes, mais leur coût et l’absence d’infrastructures freinent pour l’instant leur déploiement.
La transformation s’accélère aussi avec des solutions collectives. Voici les alternatives qui s’installent dans le paysage urbain :
- covoiturage
- autopartage
- transports en commun optimisés
À ces nouvelles pratiques s’ajoutent les véhicules intermédiaires comme les petits engins électriques, scooters et vélos. Les politiques publiques misent sur la sobriété et une réorganisation de l’espace urbain pour restreindre l’usage de la voiture individuelle. L’adaptation collective des habitudes devient une pièce centrale du passage vers la neutralité carbone.
La route s’annonce longue, mais chaque virage pris aujourd’hui façonne l’horizon de la mobilité. Les choix posés maintenant décideront si, demain, la voiture sera synonyme de liberté… ou de contrainte.


